Afin d’accompagner le développement de la filière vélo, l’Afpa publie une étude prospective réalisée en partenariat avec les acteurs institutionnels et les entreprises du secteur. Cette étude met en lumière les transformations à l’œuvre dans la filière : évolution des modèles économiques, développement du reconditionnement et des services, montée en puissance de l’électrification, nouveaux besoins en compétences et adaptation de l’offre de formation. Fruit de plus de trente entretiens et d’un travail approfondi de cartographie des métiers, des formations et des initiatives de la filière, elle propose également un ensemble de préconisations pour accompagner son développement à horizon 2030.
En voici la synthèse en 4 pages :
La filière économique du vélo occupe une place croissante dans les politiques publiques de réindustrialisation, de transition écologique et de mobilité durable. Portée par une progression continue des usages et par la diversification des pratiques, elle représente un écosystème de plus en plus structuré, mobilisant plusieurs dizaines de milliers d’emplois et un large éventail d’acteurs économiques, institutionnels et associatifs.
Dans ce contexte, France Vélo a souhaité disposer d’une vision consolidée des métiers, des compétences et des enjeux de formation afin d’accompagner le développement de la filière à horizon 2030. Cette étude, inscrite au contrat de filière avec l’Etat, a poursuivi un double objectif :
- Constituer un socle de connaissance partagé à travers une cartographie de l’appareil de formation et un référencement des études, actions et initiatives de la filière
- Identifier les enjeux prospectifs en matière d’emploi et de compétences en donnant la parole aux acteurs institutionnels et aux entreprises de la branche production.
Une dynamique solide et un modèle économique en transformation
Les travaux mettent en évidence une filière dynamique, portée par des tendances de fond favorables : transition écologique, montée en puissance du vélo au quotidien et du tourisme à vélo, renforcement progressif des infrastructures cyclables. Elle reste pourtant en cours de structuration. Le secteur réunit en effet des acteurs variés, dans des territoires aux réalités différentes. Pour se consolider, elle doit gagner en visibilité, mieux coordonner ses acteurs et stabiliser ses modèles économiques.
Après une phase de forte croissance, le marché du vélo neuf a connu un ralentissement qui contraste avec le développement rapide des activités de maintenance, de réparation, de location, de réemploi et de reconditionnement. Le poids plus important d’une économie davantage centrée sur l’usage et le cycle de vie du produit modifie les besoins des entreprises, déplace une partie de la valeur vers les services associés et renforce l’importance des activités techniques tout au long de la durée de vie du vélo.
Réindustrialisation et hybridation des compétences
Les investigations conduites auprès des entreprises mettent en lumière le caractère stratégique de l’appareil productif. Si la filière affiche une volonté forte de réindustrialisation et de montée en gamme, celle-ci demeure confrontée à des défis liés à l’environnement concurrentiel. La compétitivité apparaît liée à la capacité d’innover, de coopérer et de se positionner sur des segments à forte valeur ajoutée plutôt qu’à une logique de concurrence par les coûts.
L’étude montre que ces transformations en cours font évoluer les métiers existants plutôt qu’en créer de nouveaux. L’électrification croissante des vélos, le développement des batteries, la montée en puissance de l’électronique embarquée et les enjeux du reconditionnement conduisent à une hybridation progressive des compétences. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de combiner mécanique, électrotechnique, électronique, diagnostic, qualité et relation client tout en s’adaptant à des technologies en évolution rapide.
Une offre de formation à adapter, un véritable enjeu de filière
La cartographie de l’appareil de formation met en évidence une offre réelle et structurée mais inégalement répartie selon les branches de la filière. Les métiers de la distribution et de la réparation concentrent aujourd’hui une grande partie de l’offre disponible tandis que les besoins liés à la production, au reconditionnement, à l’ingénierie ou à certaines spécialisations techniques apparaissent plus partiellement couverts.
Au-delà des enjeux économiques, les résultats révèlent enfin un véritable enjeu de filière : l’attractivité des métiers, la lisibilité des parcours, les coopérations entre acteurs, le développement de projets collectifs et la stabilité du cadre d’intervention public apparaissent comme des conditions essentielles pour accompagner un changement d’échelle durable. Les préconisations formulées dans le rapport visent à renforcer la cohérence entre développement économique, emploi, compétences et formation afin de soutenir la consolidation d’une filière vélo compétitive, innovante et pleinement inscrite dans les transitions à l’œuvre.
L’étude complète est à retrouver ci dessous ou en pdf.
